The Strokes : cinq New-Yorkais qui ont révolutionné le rock en 2001 avec leur album fondateur.
- Un groupe d’amis réunis depuis l’enfance autour d’une alchimie rare et d’une vision épurée du rock
- Is This It (2001) : un album révolutionnaire en 35 minutes qui a sauvé le rock du nu-metal
- Une évolution sonore constante : du garage des débuts aux synthétiseurs et textures électroniques modernes
- Julian Casablancas : frontman charismatique aux collaborations prestigieuses et à la réputation sulfureuse
- Reality Awaits (2026) : nouveau départ enregistré au Costa Rica avec Rick Rubin, tournée mondiale confirmée
Imagine : on est en 2001, le nu-metal écrase tout, le post-grunge est devenu une soupe tiède, et cinq gamins de New York débarquent avec 35 minutes de rock brut qui vont littéralement tout changer. C’est l’histoire de The Strokes, un groupe qui n’avait pas besoin d’exister… mais dont on avait désespérément besoin.
Qui sont The Strokes : définition et origines du groupe
Alors, qu’est-ce que The Strokes exactement ? Ce sont cinq New-Yorkais réunis autour d’une idée élémentaire mais radicale : revenir aux fondamentaux du rock, sans fioritures, sans compromis. Julian Casablancas au chant, Albert Hammond Jr. et Nick Valensi aux guitares, Nikolai Fraiture à la basse, Fabrizio Moretti à la batterie. Une formation solide, un son immédiat, une alchimie rare.
Une amitié qui remonte à l’enfance
L’histoire commence bien avant la musique. En 1984, Julian Casablancas et Nikolai Fraiture se rencontrent à l’école primaire — ils ont six ans. Sept ans plus tard, en 1991, Casablancas sympathise avec Fabrizio Moretti et Nick Valensi. Albert Hammond Jr., lui, est recruté depuis l’Institut Le Rosey en Suisse, l’une des écoles les plus huppées du monde. Le groupe se constitue définitivement à New York en 1998.
Ce détail social a son importance. Tous ces garçons viennent de familles aisées, européennes pour beaucoup. Julian Casablancas est le fils de John Casablancas, fondateur de l’agence de mannequins Elite, et de Jeanette Christiansen, top model élue Miss Danemark en 1965. Enfants de la bourgeoisie new-yorkaise qui font une musique délibérément « crade » — la contradiction est assumée, et franchement, ça marche.
Le son des Strokes — une recette simple et géniale
Leur musique puise immédiatement dans le Velvet Underground, Television et Iggy Pop. Des guitares sèches et saturées, une basse en avant, une batterie carrée, et surtout la voix traînante de Casablancas, traitée avec une compression caractéristique qui lui donne ce grain magnétiquement imparfait. Un son reconnaissable dès les trois premières secondes, souvent imité, jamais vraiment égalé.
Leurs premiers pas se font dans les clubs du Lower East Side, notamment au Mercury Lounge. C’est Gordon Raphael, producteur de la scène underground new-yorkaise, qui les repère et les convainc d’enregistrer. La suite, on la connaît.
Is This It : l’album qui a tout changé
En 2001, l’EP The Modern Age sort d’abord en Angleterre, puis aux États-Unis. Dans la foulée, Is This It débarque en été au Royaume-Uni, puis en septembre aux États-Unis dans une version légèrement modifiée — le titre New York City Cops y est retiré par respect pour les victimes du 11 septembre. L’album reçoit 9,3 chez Pitchfork et quatre étoiles dans Rolling Stone. Entertainment Weekly le sacre album de l’année, NME le couronne meilleur album du XXIe siècle. Les critiques parlent de « sauveurs du rock’n’roll ». Pas rien.
En 35 minutes à peine, Last Nite, Someday et Hard to Explain deviennent des classiques instantanés. La question répétée « Is this it ? » résume un ennui existentiel générationnel que personne n’avait su mettre en musique aussi clairement. Pour une chronique album et critique musicale totale, c’est souvent la référence absolue de la décennie.
L’histoire de The Strokes : discographie et évolution sonore
Après l’explosion d’Is This It, le groupe enchaîne. Voici leur discographie en un coup d’œil :
| Album | Année | Fait marquant |
|---|---|---|
| Is This It | 2001 | 9,3 chez Pitchfork, album du siècle selon NME |
| Room on Fire | 2003 | Critiqué injustement comme « Is This It 2 » |
| First Impressions of Earth | 2006 | Groupe au sommet de sa maîtrise technique |
| Angles | 2011 | Synthétiseurs, production plus léchée |
| Comedown Machine | 2013 | Sorti sans promotion, textures électroniques |
| The New Abnormal | 2020 | Grammy du meilleur album rock 2021 |
Entre 2007 et 2010, le groupe prend une pause bien méritée — et visiblement nécessaire. Les tensions internes et le caractère pas toujours simple de Julian Casablancas y sont pour quelque chose. Pendant ce silence, Casablancas sort Phrazes for the Young en 2009, Albert Hammond Jr. publie deux albums très bien reçus. Chacun respire un peu.
Le retour avec Angles en 2011 surprend tout le monde avec des synthétiseurs et une production plus soignée. Under Cover of Darkness y apparaît comme un pur moment de grâce. Puis Comedown Machine sort en 2013 presque en catimini, sans promotion, cherchant musique de chambre et harmonies vocales. Franchement, j’aurais aimé entendre ça à la radio à l’époque — ça m’aurait sauvé quelques mauvaises soirées.
The New Abnormal, produit par Rick Rubin en 2020, réconcilie tout le monde. The Adults Are Talking ouvre l’album avec une urgence retrouvée. At the Door est une ballade synthétique vertigineuse. Le Grammy du meilleur album rock 2021 arrive, premier trophée majeur pour un groupe qui n’en avait peut-être pas besoin pour exister, mais qui prouve que la longévité se construit.
Julian Casablancas : charisme et réputation sulfureuse
On ne peut pas parler des Strokes sans parler de leur frontman. Casablancas a collaboré avec Daft Punk, Queens of the Stone Age, Pharrell Williams et Danger Mouse, entre autres. Il a fondé The Voidz, projet plus expérimental et politiquement engagé, dont l’album Tyranny propose une musique dissonante et fragmentée, aux antipodes du garage new-yorkais des débuts.
Sa réputation est sulfureuse. Il l’a lui-même alimentée, déclarant au NME en 2006 : « L’alcool a changé ma façon d’écrire, mais aussi celui que je suis. » Courtney Love lui a dédié une chanson : But Julian, I’m a Little Bit Older Than You. Il a fréquenté la peintre Colleen Barry et la chanteuse Regina Spektor. Son réseau hollywoodien est réel : Roman Coppola a réalisé plusieurs vidéoclips du groupe, sa sœur Sofia — grande fan — a utilisé I’ll Try Anything Once dans son film Somewhere. Fabrizio Moretti, lui, a eu une relation médiatisée avec Drew Barrymore.
L’influence sur la mode et la culture indie
Sans Is This It, pas d’Arctic Monkeys ni de Libertines avec l’impact qu’ils ont eu. Le style indie sleaze incarné par les Strokes — jean moulant, mèches rebelles, blouson en cuir — a influencé la mode masculine des années 2000 autant que n’importe quel styliste. Ils ont fait grimper les ventes de jeans slim. Pour examiner ce que ce courant a engendré, jette un œil à notre sélection de musique indé rock alternatif 2025, qui montre à quel point leur héritage reste vivant.
Reality Awaits et la tournée 2026 : le grand retour
Six ans de silence après The New Abnormal. Puis l’annonce : Reality Awaits, septième album studio, prévu pour le 26 juin 2026. Enregistré au Costa Rica avec Rick Rubin, l’album comprend neuf titres. Albert Hammond Jr. le décrit comme ayant un son « plus libre ». La pochette, signée Johann Rashid, s’inspire de la photographie Untitled (Cowboy) de Richard Prince, datant de 1989.
Le premier single Going Shopping a été révélé de façon spectaculaire : distribué sur cassette à 100 fans via un service SMS, avant que des bootlegs ne circulent. NME lui attribue trois étoiles. La version live jouée à Coachella le 11 avril 2026 s’est avérée nettement plus puissante que le studio. La voix de Casablancas traite l’autotune comme un instrument, pas comme une béquille — c’est une différence fondamentale.
La tournée Reality Awaits court de juin à octobre 2026, avec notamment le Bonnaroo Festival en ouverture. Les supporting acts varient selon les dates :
- Fat White Family (groupe britannique)
- Alex Cameron (chanteur australien)
- Thundercat et Cage the Elephant selon les dates
Pour la France, le groupe passe par l’Accor Arena de Paris le 22 octobre 2026. La billetterie parisienne a ouvert le 17 avril, les billets partant vite. Les dates européennes incluent également Londres, Amsterdam, Berlin et Dublin le 28 octobre. Les prix commencent autour de 90€ pour les dates américaines. Autrement dit, si tu hésites encore, tu hésites trop longtemps.