Queens of the Stone Age, né d’une blague de studio en 1992, est un groupe de rock californien incontournable depuis trente ans.
- Origines : fondé en 1996 par Josh Homme à Palm Desert, sur les cendres de Kyuss, le groupe démocratise le stoner rock avec hard rock classique.
- Âge d’or : l’album Songs for the Deaf (2002) avec Dave Grohl à la batterie marque le tournant majeur, vendant un million d’exemplaires.
- Évolution permanente : la formation change régulièrement. Depuis 2008, Michael Shuman à la basse et Dean Fertita aux claviers stabilisent le projet.
- Présent atypique : Alive in the Catacombs (2025), enregistré dans les catacombes de Paris avec trio à cordes, marque une première tournée acoustique inédite pour le groupe.
- Concerts mémorables : A Song for the Dead clôt systématiquement les shows. Prochaine date confirmée : 24 août 2025 à Rock en Seine.
Née d’une blague de studio en 1992, la formule des Queens of the Stone Age a traversé près de 30 ans sans jamais s’épuiser. C’est Chris Goss, producteur des sessions Kyuss, qui lâche ce nom en plaisantant — il deviendra officiel en 1996 après qu’un groupe metal allemand homonymne menaçe d’un procès. Voilà comment une vanne de studio devient l’une des histoires les plus captivantes du rock américain contemporain.
Queens of the Stone Age — qui sont-ils vraiment ?
Queens of the Stone Age est un groupe de rock américain fondé en 1996 par Josh Homme à Palm Desert, en Californie, sur les cendres de Kyuss, dissous en 1995. Josh Homme — né le 17 mai 1973 à Palm Springs — est le seul membre fondateur présent depuis le premier jour. Ce géant rouquin guitariste-chanteur en est le leader incontesté, le principal compositeur, et franchement, la colonne vertébrale du projet.
Le contexte de naissance importe. Dans la banlieue désertique de Palm Springs, le lycée de Palm Desert rassemble une bande de jeunes captivés par Black Sabbath, Hawkwind et les groupes punk hardcore comme Black Flag. C’est là que naît Kyuss, formation stoner devenue culte après sa séparation. Après la dissolution, Homme rejoint brièvement les Screaming Trees comme guitariste, sympathise avec leur chanteur Mark Lanegan, puis se retire dans un ranch de Palm Desert qui devient son laboratoire créatif personnel.
Dès 1994, il jame sans relâche avec des amis musiciens. Ces sessions informelles donnent naissance aux Desert Sessions, albums en tirage limité qui servent d’esquisse : Avon, Monster in the Parasol ou Hangin’ Tree y trouvent leurs fondations. L’idée géniale de Homme ? Démocratiser le stoner rock — terme qu’il déteste, soit dit en passant — en y injectant du hard rock à l’ancienne et en prenant lui-même le micro.
Les premières armes : de Gamma Ray à l’album éponyme
Le groupe s’appelle d’abord Gamma Ray. Les premières recrues sont sérieuses : Matt Cameron (ex-Soundgarden et Pearl Jam) à la batterie, Van Conner (ex-Screaming Trees) à la basse, John McBain de Monster Magnet à la guitare. Alfredo Hernandez, batteur de Kyuss, et Nick Oliveri rejoignent vite l’aventure. En janvier 1996 sort le premier EP Gamma Ray Sessions, puis en janvier 1997 un étrange split EP partagé avec Kyuss.
L’album éponyme paraît à l’automne 1998 chez Loose Groove. Fait amusant : Homme enregistre seul chant, guitare et basse — cette dernière sous le pseudonyme savoureux de Carlo Von Sexron. Gene Trautman remplace Hernandez à la batterie après la première tournée, au cours de laquelle le groupe assure des premières parties pour Foo Fighters et Hole. Les scores de vente sont encourageants. Homme reçoit des offres de reformation de Kyuss. Il refuse systématiquement.
Rated R : l’évolution du songwriting
En janvier 2000, en une semaine seulement, les Queens enregistrent Rated R chez Interscope. Mark Lanegan est enfin disponible. L’album accueille Rob Halford, leader de Judas Priest, sur Feel Good Hit of the Summer — titre composé de huit mots qui sont tous des noms de drogues. Bon, personne n’a dit que QOTSA manquait d’humour. The Lost Art of Keeping a Secret lorgne vers la pop, Better Living Through Chemistry évoque un mélange entre les Rolling Stones et Kyuss. Homme cherche désormais à écrire de vrais hits.
Songs for the Deaf et l’âge d’or du groupe
2002 marque un tournant majeur. Dave Grohl, ex-Nirvana et leader des Foo Fighters, rejoint le projet pour écrire des chansons et tenir la batterie. À Palm Desert, ils travaillent sur ce qui deviendra Songs for the Deaf. Grohl assure une vingtaine de dates de tournée, dont une performance triomphale au festival de Glastonbury, avant de reprendre ses obligations avec les Foo Fighters.
Songs for the Deaf s’écoule à un million d’exemplaires. Tous les palmarès de la presse rock placent le groupe en tête. No One Knows, Go With the Flow — dont le break de batterie inspire une génération de musiciens — et A Song for the Dead, chanté par Mark Lanegan avec son riff diabolique, en sont les piliers. C’est un mélange parfait de musiques extrêmes et de pop, une synthèse que peu de groupes ont réussi aussi naturellement.
Si tu veux approfondir comment ce type de rock alternatif s’inscrit dans les orientations actuelles, jette un œil à notre sélection de musique indé rock alternatif 2025. Les QOTSA y ont clairement tracé un sillon.
Voici les albums studio du groupe, avec leur année de sortie et quelques collaborateurs notables :
| Album | Année | Invité(s) notable(s) |
|---|---|---|
| Queens of the Stone Age | 1998 | Alfredo Hernandez |
| Rated R | 2000 | Rob Halford, Mark Lanegan |
| Songs for the Deaf | 2002 | Dave Grohl, Mark Lanegan |
| Lullabies to Paralyze | 2005 | Billy Gibbons, Shirley Manson |
| Era Vulgaris | 2007 | Tournante de musiciens |
| …Like Clockwork | 2013 | Trent Reznor, Elton John |
| Villains | 2017 | Mark Ronson (prod.) |
| …In Times New Roman | 2023 | — |
Après Songs for the Deaf : recomposition et Lullabies to Paralyze
Au terme de la tournée, Homme prend la décision difficile de renvoyer Nick Oliveri, devenu incontrôlable — arrêté pour avoir joué nu sur scène, entre autres. Joey Castillo, ex-batteur de Danzig, prend la place de Grohl. Les Parisiens le découvrent à l’Elysée-Montmartre. Puis Alain Johannes et Natasha Shneider du groupe Eleven intègrent l’effectif.
Lullabies to Paralyze, enregistré en 2005, est plus sombre mais encore mieux accueilli. Billy Gibbons de ZZ Top et Shirley Manson de Garbage y apparaissent. Little Sister et I Never Came restent des immanquables des setlists. La tournée passe notamment par le festival Rock en Seine de Saint-Cloud. Homme profite du break pour participer au projet Eagles of Death Metal de son ami Jesse Hugues, et se marier avec Brody Dalle, chanteuse des Distillers.
Une formation en perpétuelle évolution, de Villains aux catacombes
Après l’album Era Vulgaris en 2007 — le moins convaincant selon beaucoup — et l’arrivée de Michael Shuman à la basse (depuis 2008) et Dean Fertita aux claviers (depuis 2007), Homme tire la leçon et revient à une musique plus charpentée. …Like Clockwork, sorti en juin 2013, compte Trent Reznor de Nine Inch Nails et… Elton John parmi ses invités. Oui, tu as bien lu. Jon Theodore tient la batterie depuis cette même année.
Pour Villains en 2017, Homme confie la production à Mark Ronson, spécialiste d’électro et de revival disco-funk. Un choix surprenant pour du stoner tellurique, mais la formation reste stable — ce qui est loin d’être une habitude. Pour te faire une idée des croisements stylistiques que ce type d’approche peut générer, l’article sur la synthwave et la musique électronique offre un éclairage intéressant sur ces influences croisées.
…In Times New Roman sort en 2023, après un long et douloureux divorce pour Homme. Il semble libéré. Puis arrive Alive in the Catacombs en 2025, enregistré en mai 2024 dans les catacombes de Paris avec un trio à cordes — deux altos et un violoncelle — en coproduction avec La Blogothèque. Les catacombes parisiennes, plus grand ossuaire du monde, formées des ossements d’anciens cimetières parisiens restructurés à la fin du XVIIIe siècle, constituent un décor saisissant pour ce groupe habitué au volume maximal. Josh Homme déclara ne s’être jamais senti autant entouré. C’est la première tournée acoustique du genre pour QOTSA.
Pour ceux qui veulent aller plus loin dans l’analyse de ce virage discographique, notre guide de chronique et critique d’album donne tous les outils pour décortiquer ce type d’œuvre atypique.
Sur scène, QOTSA ne déçoit jamais
Le groupe a rodé son rock surpuissant aux côtés de Bad Religion, Rage Against The Machine ou Smashing Pumpkins. Ils ont joué au Hellfest, au Trabendo à Paris, à Glastonbury. Le show live des Queens est une garantie : A Song for the Dead et ses relances furieuses ferment systématiquement les concerts. En printemps 2017, la bande se prête à une session acoustique d’environ une heure en direct sur France Inter, dans l’émission Very Good Trip, depuis le studio 105. Surprenant pour des habitués du stoner décibélique.
Prochaine date confirmée — le 24 août 2025 à 23h30 au Domaine national de Saint-Cloud pour la dernière soirée du festival Rock en Seine, en partenariat avec France Inter. Le rappel sera probablement A Song for the Dead. Certains parient déjà.