Cactus : Le Led Zeppelin US

Written by on 6 octobre 2018

Cactus est un groupe de rock américain, originaire de Long Island, à New York. Cactus est un précurseur du hard rock, et a été formé en 1969
Cactus a été, à son origine, une formation éphémère (deux ans d’activité) mais ce groupe a pondu d’extraordinaires albums qui ont contribué à créer le son Hard Rock. 
Cactus s’est avant tout la formidable section rythmique Bogert / Appice, une des plus puissantes et techniques de son temps, l’incroyable guitariste Jim McCarthy, dont la guitare surchauffe à chaque chanson, et le chanteur Rusty Day, à la voix rauque et bluesy. 
Cactus, c’est la lourdeur associée à un groove imparable.

Un super groupe ?

Le plan d’origine prévoyait que la section rythmique Vanilla Fudge du bassiste Tim Bogert (qui joue de la basse comme un guitariste) et du batteur Carmine Appice (batteur de session très recherché, Appice, connu pour ses performances surprenantes est alors, un des meilleurs batteurs que le rock) se joignent au dieu de la guitare Jeff Beck et à son chanteur Rod Stewart pour former un super groupe. Le groupe ne verra pas le jour car Beck a eu un accident de moto qui l’a rendu incapable de jouer pendant 18 mois. Rod Stewart a alors rejoint son copain Ron Wood dans les Faces remaniées (et a poursuivi une carrière solo quelque peu lucrative), laissant Bogert et Appice à la recherche de remplaçants pour le groupe de leurs rêves.

«Suite aux sorties de Truth et de Beck-Ola en 68 et 69, Tim et moi avons été impressionnés par Jeff Beck. Nous avons alors voulu travailler avec lui et évoluer vers un hard rock progressif. Nous étions en contact régulier avec lui et le projet de jouer ensemble évoluait bien, d’autant que lui-même n’était pas très satisfait du Jeff Beck Group et qu’il voulait nous avoir à ses côtés. Il aimait beaucoup Vanilla Fudge. Rod Stewart devait être le chanteur dans ce projet. Mais après son accident de moto, Jeff a été immobilisé quasiment un an, le projet est tombé à l’eau ; nous avons démarré Cactus.»


Carmine Appice

Ils vont recruter le guitariste Jim McCarty (ancien des de Detroit Wheels de Mitch Ryder) et le chanteur Rusty Day du groupe Amboy Dukes de Ted Nugent. Cactus, nom hérité d’un drive-in de l’Arizona, est créé.
On est en 1970, la nouvelle équipe veut jouer dans la cour des Free, Led Zeppelin ou Humble Pie, leurs homologues anglais. Cactus est donc naturellement considéré à l’époque comme le pendant Américain de Led Zeppelin. 
Dans les deux formations, les quatre membres sont tous des virtuoses, on muscle le Blues et on contribue à la création du Hard Rock qui deviendra Heavy Metal, et les concerts sont simplement et complètement ravageurs… 
L’une des deux formation fut beaucoup plus populaire que l’autre, et Cactus a tendance à être oublié! (Il faut bien reconnaître qu’ils n’avaient pas le talent d’écrire de Page/Plant).

Cactus (1970)

Cactus – 1er album

Puissant, technique, vitaminé, Cactus (juillet 1970), mélange de blues, de rock, de boogie et de ballades. 54ème au Billboard 200, ce disque justifie le surnom d’American Led Zeppelin affecté au quatuor ricain, atténue l’amertume de Bogert et Appice d’avoir raté le train Beck.
Cet album c’est aussi celui de Jim McCarty. Une vraie star dans la galaxie Cactus, pulvérisant des notes et déchirant des solos dans des albums tels que « You can’t judge a book by a cover« , « Let Me Swim » et, plus particulièrement, une version maniaque et suralimentée de « Parchman » Ferme. » Le fait que Cactus ait choisi de s’attaquer à cette chanson classique du blues juste un an après avoir été propulsé par Blue Cheer dans la stratosphère de distorsion du duo fuzz trahit un esprit de compétition sain dans le milieu du hard rock.
le duo de clôture époustouflant de « Oleo » et « Feel So Good » (avec les solos de basse et de batterie, passage obligé à l’époque), certifie facilement que Cactus LP est l’un des meilleurs albums de hard rock de la toute nouvelle décennie, sans exception.

One way or another (1971)

Même si le premier album étaient apparemment plus brut, Cactus conserve le même blues électrique amplifié rappelant celui de Grand Funk Railroad et de Foghat dans ce nouveau LP. Ce résultat plus raffiné à l’écoute est sans aucun doute le résultat direct de l’assistance de l’extraordinaire ingénieur du son, Eddie Kramer, et de l’ambiance des studios Electric Lady récemment achevés, où ils habitèrent peu après le décès du propriétaire des lieux, Jimi Hendrix. Le LP démarre tambour battant avec une interprétation langoureuse et bouillonnante du « Long Tall Sally » de Little Richard. « Rock’N’Roll Children » remet tout de suite les choses à leur place concernant la réputation du groupe avec des riffs gigantesques, une puissance de feu phénoménale, et des solos de guitare monumentaux, accompagnés par une basse d’enfer. Les cactus reviennent à ce qu’ils font de mieux, leurs racines boogie rock sur le bien nommé « Big Mama Boogie – Parts 1 & 2. » L’ouverture acoustique de McCarty est parfaitement complétée par l’harmonica de Day avant de se lancer dans un assaut explosif de pur métal. L’album se terminent sur une note positive avec la chanson titre « One Way … Or Another ». Ce titre est sans doute le plus original du groupe et si le riff principal semble familier, c’est peut-être parce qu’il a été inspiré de la mélodie « Rice Pudding » de Jeff Beck’s Beck-Ola.

Cactus avait tout pour devenir, à l’instar des Deep Purple, Led Zeppelin,… un dinosaure du Rock. Mais l’histoire en décida autrement.
En 1971, Bogert déclare à Rolling Stone : « Cactus est un groupe de drogués, pour les drogués« . Le groupe était alors à fond dans la drogue. 
Rusty Day était devenu le fournisseur… Il aimait vivre dangereusement. Le troisieme album sera le dernier du groupe dans cette formation.

Restrictions (1971)

Cactus – Restrictions

Souvent moqué pour être un boogie rock de second ordre, le groupe produit un rock blues surpuissant, et une partie de l’attrait de son style réside dans sa nature bâclée et de second ordre. Ce LP de 1971 ne présente peut-être pas le groupe à son apogée, mais il confirme une fois encore la section rythmique parfois étouffante de Tim Bogert et Carmine Appice. Pourquoi une chanson comme « Token Chokin ‘ » n’a jamais été un succès et pourquoi elle n’a pas encore été acceptée par le public du classic rock est un mystère complet. Cette chanson fait partie des rock les plus tonitruants et débridés jamais vus. Il est complet avec de grandes guitares, de grands chanteurs et un combo basse et batterie qui pourrait exploser vos fenêtres. Des chansons comme « Evil » et « Sweet Little Sixteen » sont toutes en guitares brûlantes et en riffs graisseux. C’est un témoignage de la puissance inspirée du blues. D’autres morceaux semblent s’effondrer, comme le premier opus, « Restrictions » (ou le bassiste Tim Bogert s’éclate) et « Guiltless Glider », qui débute comme un lourd « Godzilla » de Blue Oyster Cult, mais dure environ six minutes de plus.

Le départ de Jim McCarty pour former son propre groupe, The Rockets, en fin de l’année 1971 pour incompatibilité d’humeur avec Tim Bogert entraîne celui de Rusty Day qui est purement et simplement remercié, Atlantic Records estimant qu’il n’était pas assez fort pour entrer en concurrence avec Robert Plant ou Paul Rodgers Bogert et Appice rejoignent finalement Jeff Beck pour former le supergroupe Beck, Bogert and Appice. Après l’album studio Beck, Bogert and Appice et un album en public (Live In Japan), le groupe se dissout.

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