Magazine groupe post punk : définition et histoire

Magazine, groupe post-punk fondé à Manchester en 1977, reste une référence incontournable de la musique expérimentale britannique.

  • Origines intellecutelles : Howard Devoto quitte les Buzzcocks pour créer une musique plus ambitieuse et cérébrale, loin du punk bruyant.
  • Style distinctif : Architectures sonores complexes mêlant claviers froids, guitares angulaires et textes littéraires sophistiqués.
  • Albums majeurs : Real Life (1978) avec « Shot by Both Sides » et Secondhand Daylight (1979), considéré comme leur chef-d’œuvre.
  • Influence durable : Leur esthétique a marqué des générations de musiciens et reste étonnamment moderne aujourd’hui.

Manchester, 1977. Une ville grise, des usines qui ferment, et une bande de musiciens qui décident de tout réinventer. C’est dans ce contexte que naît Magazine, groupe post-punk britannique dont l’influence se fait encore sentir aujourd’hui. Quarante-cinq ans après ses premiers accords, ce nom reste une référence absolue pour quiconque s’intéresse à la musique de cette époque charnière.

Magazine, groupe post-punk : qui sont-ils vraiment ?

Pour comprendre Magazine, il faut d’abord situer le contexte. Nous sommes en 1977, le punk explose mais certains musiciens trouvent déjà ce mouvement trop limité, trop bruyant, trop… punk, justement. Howard Devoto, qui avait cofondé les Buzzcocks, quitte le groupe pour former quelque chose de plus ambitieux. Il recrute John McGeoch à la guitare, Barry Adamson à la basse, Bob Dickinson aux claviers (remplacé rapidement par Dave Formula) et John Doyle à la batterie.

Ce qui différencie immédiatement Magazine des autres groupes de l’époque, c’est l’approche intellectuelle et expérimentale de leur musique. Là où le punk assénait des accords simples et des paroles directes, Magazine construisait des architectures sonores complexes, mêlant claviers froids, guitares angulaires et textes littéraires. Les influences ? Roxy Music, Can, les Doors, et même des touches de musique classique. Pas vraiment le profil type du groupe de pub londonien.

Howard Devoto lui-même définissait l’esthétique du groupe par une certaine distance émotionnelle calculée, une façon d’observer le monde avec ironie sans jamais tomber dans le cynisme facile. Cette posture intellectuelle a parfois dérouté le public, mais elle a construit une fanbase d’une fidélité remarquable.

Les albums fondateurs qui ont tout changé

Le premier album, Real Life, sort en 1978 sur Virgin Records. Il contient « Shot by Both Sides », leur titre le plus célèbre, enregistré à partir d’un riff que Devoto avait composé avec Pete Shelley des Buzzcocks. Le disque se classe 29e dans les charts britanniques, ce qui n’est pas mal pour un groupe aussi peu formaté pour la radio commerciale.

Puis vient Secondhand Daylight en 1979, souvent considéré comme leur chef-d’œuvre. Plus sombre, plus atmosphérique, il préfigure ce que la new wave allait devenir dans les années 80. The Correct Use of Soap (1980) marque un tournant vers une production plus accessible sans trahir l’essence du groupe.

La place de Magazine dans la chronologie post-punk

Voici comment Magazine se situe par rapport à ses contemporains les plus proches :

Groupe Ville Période active Style premier
Magazine Manchester 1977-1981 / 2009-2011 Post-punk expérimental
Joy Division Manchester 1976-1980 Post-punk sombre
Wire Londres 1976-aujourd’hui Post-punk minimaliste
Gang of Four Leeds 1977-aujourd’hui Post-punk funk

Ce tableau illustre bien que le post-punk n’était pas un mouvement uniforme. Chaque ville, chaque groupe apportait sa propre couleur. Magazine représente la branche la plus cérébrale et la plus théâtrale de ce mouvement.

Howard Devoto, le cerveau derrière le groupe

On ne peut pas parler de Magazine sans s’attarder sur Howard Devoto. Né Howard Trafford en 1952, cet homme est une énigme passionnante. Ses paroles citent Dostoïevski, interrogent l’identité, jouent avec l’absurde. Il abandonne Magazine en 1981 au sommet de leur popularité, comme si le succès l’ennuyait. Franchement, il y a des gens qui ont un talent rare pour compliquer leur vie ! Il se lance ensuite dans une carrière solo confidentielle avant de reformer Magazine brièvement entre 2009 et 2011 pour quelques concerts et un album live.

L’héritage de Magazine dans la scène musicale actuelle

L’influence de ce groupe se mesure moins en ventes de disques qu’en générations de musiciens formés à leur école. Des groupes comme Interpol, Editors ou même certaines productions de David Bowie période « Scary Monsters » portent l’empreinte directe de l’esthétique sonore de Magazine. John McGeoch, leur guitariste, a d’ailleurs rejoint Siouxsie and the Banshees après la dissolution du groupe, exportant ce son caractéristique vers d’autres horizons.

Ce qui me frappe, quand j’écoute Real Life aujourd’hui, c’est l’incroyable modernité de cet album. Les textures sonores, les arrangements, les silences calculés… rien n’a vraiment vieilli. C’est le signe d’une musique construite avec un réel vision artistique plutôt qu’avec les tendances du moment.

Pour ceux qui découvrent Magazine via des playlists ou des émissions radio dédiées aux classiques, la surprise est régulièrement totale. On s’attend à du punk rugueux et on découvre une musique sophistiquée, presque cinématographique par endroits.

Une liste de titres essentiels pour bien débuter :

  • « Shot by Both Sides » (1978)
  • « A Song from Under the Floorboards » (1980)
  • « The Light Pours Out of Me » (1978)
  • « Permafrost » (1979)

Si tu veux approfondir ta culture musicale sur ce groupe et sur la radio en général, je te recommande de consulter Catégories Documentaire musique

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