Soundgarden : histoire et influence du groupe grunge

Soundgarden, fondé en 1984 à Seattle, est l’un des groupes les plus influents du rock alternatif.

  • Origines du groupe : Créé par Chris Cornell, Kim Thayil et Hiro Yamamoto, issus du groupe de reprises The Shemps
  • Albums majeurs : Superunknown (1994) propulse le groupe au succès mondial avec le hit Black Hole Sun
  • Intégrité artistique : Le groupe refuse 200 000 dollars pour jouer au festival Woodstock en 1994
  • Évolution post-séparation : Chris Cornell fonde Audioslave en 2002 avant le retour de Soundgarden en 2012
  • Influence durable : Le groupe redéfinit les codes du grunge et reste une référence pour le rock contemporain

Seattle, 1984. Dans les sous-sols humides du quartier Capitol Hill, trois musiciens issus d’un groupe de reprises appelé The Shemps décident de tout recommencer à zéro. Chris Cornell, Kim Thayil et Hiro Yamamoto fondent Soundgarden, l’un des groupes les plus influents de toute une génération rock. Ce n’est pas une légende urbaine — c’est l’histoire vraie d’un groupe qui a redéfini les codes du grunge avant même que le mot existe vraiment.

Soundgarden : qui sont-ils vraiment et d’où viennent-ils ?

Quand on me demande qu’est-ce que Soundgarden, je réponds toujours la même chose : un groupe à part entière, pas juste un satellite du mouvement grunge. Né en 1984 à Seattle, le groupe rassemble Chris Cornell au chant et à la guitare, Kim Thayil à la six-cordes, et Hiro Yamamoto à la basse. Matt Cameron rejoint la bande à la batterie, remplaçant Scott Sundquist qui occupait ce poste lors des tout premiers enregistrements. Plus tard, en 1989, Jason Everman intègre brièvement la formation comme second guitariste, avant de céder sa place à Ben Shepherd en 1990.

Le nom du groupe ? Il vient d’une sculpture installée au Sand Point Park de Seattle — une œuvre qui émet des sons lorsque le vent la traverse. Poétique, non ? Moi, j’aurais peut-être choisi un nom plus vendeur, mais avouons que « Soundgarden » sonne quand même vachement bien sur une affiche de concert.

Avant de fonder le groupe, Cornell, Thayil et Yamamoto jouaient ensemble dans The Shemps, un groupe de reprises. Kim Thayil et Hiro Yamamoto avaient emménagé à Olympia, dans l’État de Washington, dès 1981, aux côtés d’un certain Bruce Pavitt — qui allait cofonder le label Sub Pop Records en 1986. Ce détail n’est pas anodin : Soundgarden sera l’un des tout premiers groupes signés sur ce label mythique, celui-là même qui lancera aussi Nirvana.

Les premiers pas en studio

Les premières traces discographiques du groupe remontent à 1986, avec trois titres parus sur la compilation Deep Six du label C/Z Records, enregistrés avec Scott Sundquist derrière les fûts. Puis vient l’EP Screaming Life en 1987 — les 600 premiers exemplaires pressés sur des vinyles oranges, devenus aujourd’hui de véritables objets de collection. Le premier album, Ultramega OK, sort en 1988 sur Sub Pop.

La montée en puissance avec Badmotorfinger

En 1991, signé sur A&M Records, le groupe sort Badmotorfinger. C’est leur premier vrai succès commercial. L’album est accompagné d’un CD bonus intitulé S.O.M.M.S., acronyme de Satan Oscillate My Metallic Sonatas — une phrase palindrome. Les amateurs de détails absurdes apprécieront. Pour ceux qui souhaitent aller plus loin dans l’analyse d’albums, notre guide complet de chronique et critique musicale vous donnera tous les outils nécessaires.

Un refus à 200 000 dollars

En 1994, le festival Woodstock propose au groupe la somme de 200 000 dollars pour se produire sur scène. Soundgarden décline. Le groupe estime que l’événement est devenu trop corporate, trop éloigné de l’esprit originel. Ce genre de décision, rare dans l’industrie musicale, en dit long sur leur intégrité artistique.

Superunknown et la consécration mondiale

L’année 1994 marque le tournant absolu. Superunknown sort et propulse le groupe dans une autre dimension. Le titre de l’album a une origine savoureuse : Chris Cornell, souffrant d’une sévère gueule de bois, croit lire « Superunknown » sur une jaquette de VHS alors qu’il s’agissait de Superklown, l’adaptation cinématographique d’un show télévisé des années 70. Voilà comment naissent parfois les grandes œuvres.

Le single Black Hole Sun dépasse les 3 millions de copies vendues. Cornell raconte avoir eu l’idée en voiture, après une session au Bear Creek Studio près de Seattle. Un présentateur de journal télévisé prononce quelque chose qu’il entend comme « black hole sun ». Il siffle aussitôt la mélodie dans un dictaphone, et développe le reste le lendemain.

Sur ce même album figure Spoonman, un titre dédié à Artis the Spoonman, artiste de rue bien connu à Seattle, qui avait collaboré avec Frank Zappa en 1981. Il joue réellement des cuillères sur le morceau et apparaît dans le clip. Son cachet — 1 000 dollars pour l’enregistrement et 7 000 dollars pour le tournage. Honnête, sans être extravagant.

Voici les albums clés de Soundgarden avec leurs années de sortie :

Album Année Label
Ultramega OK 1988 Sub Pop Records
Badmotorfinger 1991 A&M Records
Superunknown 1994 A&M Records
Down On The Upside 1996 A&M Records
King Animal 2012 Universal Republic

Pour ceux qui suivent les tendances du rock indé et alternatif en 2025, l’influence de Soundgarden reste clairement perceptible dans de nombreux groupes contemporains.

Après la séparation : Cornell, Audioslave et le retour

En 1996, Down On The Upside sort et le groupe se sépare peu après. Chris Cornell entame alors une carrière solo, avec notamment Euphoria Morning en 1999. Puis, en 2002, il rejoint Tom Morello, Tim Commerford et Brad Wilk — ex-membres de Rage Against the Machine — pour former Audioslave. Trois albums plus tard, le groupe se dissout en 2007.

Le retour de Soundgarden arrive en 2012, d’abord via Live to Rise, inclus dans la bande originale du film The Avengers, puis avec l’album King Animal. Une renaissance saluée par les fans de la première heure. Notons aussi qu’on retrouve dans l’histoire du groupe des trajectoires tragiques comparables à d’autres figures du rock — la fin tragique de Phil Lynott de Thin Lizzy rappelle que le rock perd trop souvent ses figures les plus brillantes.

Au-delà de l’histoire officielle, ce que peu de gens savent, c’est que le groupe a délibérément glissé des easter eggs sonores dans ses disques. Sur Ultramega OK, la chanson 665 jouée à l’envers révèle Chris Cornell chantant « I need you Santa baby » — un clin d’œil direct aux soi-disantes messages cachés dans les vieux albums rock. Une façon bien à eux de se moquer gentiment des théories conspirationnistes qui entouraient le heavy metal.


Sources : Catégories Documentaire musique

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